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Analisis (en fr.)

Elections à Genève: l’électrochoc
Les élections sont passées et le verdict populaire a été rendu : après les blocages de la polarisation, Genève se donne une cohabitation floue et mouvante. En effet, le résultat qui est sorti des urnes rend la situation politique moins certaine, moins prévisible, moins limpide que durant la dernière législature.
Por Pablo García

N.d.l.r: Pablo Garcia, candidato del Partido Socialista al parlamento de Ginebra, obtuvo 11.978 votos quedando como segundo suplente. Nuestras felicitaciones por este prometedor resultado.
Toutefois, il reste clair qu’un parlement plus à droite, plus xénophobe, plus réactionnaire dont le seul projet est de démanteler les acquis sociaux, de déréglementer le monde du travail et d’accorder des cadeaux fiscaux aux nantis pour assainir les finances publiques, ne présage rien de bon pour Genève. Un parlement genevois qui voit l’extrême droite emporter 20 sièges, un parlement qui bascule à droite à cause des erreurs, des maladresses de la gauche plutôt que par la pertinence du programme bourgeois.

Comment la gauche pouvait-elle sérieusement croire à sa victoire en partant divisée, déchirée par ses querelles de personnes ; comment la gauche espérait-elle convaincre une société qui doute et appréhende le lendemain sans un discours cohérant et progressiste, combatif et réformateur, sans l’audace d’alimenter l’idéal du socialisme et le courage d’appliquer le socialisme du possible ? L’Alternative est morte de son incapacité à libérer la parole sans tabous, d’aborder les sujets les plus douloureux - sans angélisme – mais tout en gardant ses convictions, et de son incapacité à travailler ensemble en un projet commun pour un but plus grand de solidarité et de justice sociale et non pour savoir qui respectait mieux la lettre et l’esprit de la doctrine.

A la cuisante défaite des gauches au parlement faudra-t-il y substituer l’historique victoire de la gauche gouvernementale ? Ce serait-là une grossière erreur. Tout comme il n’y a pas une gauche des rues et une gauche des salons, ces élections 2005 ne peuvent pas être dissociées. Le mandat du peuple à la majorité rose-verte du Conseil d’Etat n’est pas de mener une politique d’opposition ou de rupture avec le Parlement mais de réussir là où la droite échoue toujours : faire avancer Genève dans un esprit de synthèse et de compromis, faire aboutir de vrais projets durables dans un esprit d’intérêt général et de valeurs sociales.

C’est là que se trouve la chance de la gauche, car sa majorité au Conseil d’Etat n’est pas une majorité du centre, c’est une majorité de la responsabilité, du courage politique et de l’engagement.

Néanmoins, après l’électrochoc des élections pour l’Alternative et le durcissement de l’Entente et de ses cousins d’extrême droite, Genève a besoin d’une gauche et vite ! Cette gauche des forums, de la participation citoyenne, des luttes du quotidien ; cette gauche plurielle des idées, de l’innovation, de l’expérience et du pragmatisme. Il faut, dès aujourd’hui, remettre l’ouvrage sur le métier et établir un nouveau contrat social de la gauche qui conjugue les aspirations et les forces de toutes ses

composantes. La tâche est grande mais exaltante ; nous avons à faire passer un message à Genève, des propositions, des solutions, un idéal, une mission pour le peuple de gauche : ne pas se résigner face à une société de l’injustice, des inégalités et de l’exploitation.

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