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El Canillita Digital
Chilenos en Suiza (en fr.) |
| Joven chilena elegida en Berna |
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Bajo el título « Marxista de tercera generación » el periodico suizo Berner Zeitung relata la historia de Carolina Aragón. Esta muchacha de 32 años, hija de exiliados chilenos, fué elegida en el Consejo Municipal del la ciudad de Berna como representante del Partido del Trabajo (Partido Comunista suizo). Hace más de 50 años que este partido no tenía un representante en el parlamento de la ciudad.
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Artículo traducido al francés por
Ursula Ramseier
"Le fantôme du communisme nous hante" pouvait-on lire dans la presse bernoise peu avant les élections du Conseil municipal. Le jour de l'élection, on a pu mettre un visage sur ce fantôme : Caroline Aragón, 32 ans, animatrice socioculturelle et membre du Parti du Travail marxiste de Berne. "Jusqu'au dernier moment je ne croyais pas pouvoir décrocher un siège" elle nous explique. Elle a passé toute la soirée des dépouilles enfermée chez elle et a attendu les résultats avec beaucoup d'impatience et de tension. Quand les résultats ont enfin été communiqués elle lâche sous un mélange d'angoisse et de joie un seul, vilain mot…. Le 11 septembre Le père Aragón n'était pas moins enthousiaste, "Viva Chile" aurait exulté l'exilé marxiste. Après 50 ans d'absence au parlement de la Ville, le Parti du Travail n'a non seulement reconquis un siège, mais par dessus c'est sa propre fille qui rentre ! Caroline Aragón a été marquée par l'histoire de sa famille. "Mes parents on dû quitter le Chili est ils sont partis pour la Suisse", elle explique. Lorsque des généraux, soutenus par les Etats-Unis, ont renversé le 11 septembre 1973 le Président Salvador Allende, démocratiquement élu, sa famille est devenue une cible pour la dictature militaire. Le père Aragón a été poursuivi et arrêté. Après sa libération il a fui avec sa famille en Suisse. "Cette histoire est au plus profond de moi" poursuit Carolina Aragón. L'histoire familiale est importante pour elle. "Mes grands-parents et mes parents étaient des marxistes – et chez moi c'est aussi comme-ça". Elle veut dire par là la politique vécue au quotidien. En tant qu'animatrice socioculturelle pour les jeunes à Berne-nord, Caroline Aragón s'investit pour défendre l'égalité des chances. Rien de plus normal pour elle de payer davantage à la caisse du ménage de sa communauté, à partir du moment où elle gagne plus que les autres colocataires. "J'essaye d'être solidaire et de défendre les intérêts des autres" dit-elle. Elle veut un meilleur monde et on la croit. Pas de révolution mondiale Mais qu'en est-il de son idéologie, qu'elle défend? Que vient faire une femme aux perspectives révolutionnaires au Parlement de la Ville? Une femme pour laquelle le système n'a pas de faille, mais constitue la faille en lui-même? "Je ne me suis jamais préoccupée beaucoup de ces théories", dit Aragón. Elle rajoute juste ceci "Nous luttons contre le système capitaliste, pour une société démocratique, solidaire et internationalement équitable", d'après le programme du parti. Et, elle y croit. Aragón ne reconnaît pas que de telles idéologies ont échoué avec le déclin du socialisme existant. "Si les droits de l'homme ont été bafoués en Union Soviétique ou s'ils sont bafoués aujourd'hui à Cuba, ce n'est pas à cause du communisme", dit-elle,"mais à cause des leaders qui trahissent cette idéologie." Déçue par la gauche Au mur de sa chambre, il n'y a pas de portrait de Che Guevara. Dans sa bibliothèque il n'y a pas d'ouvrage "Kapital" de Marx. Et pour Staline elle dit "Niet". Si elle doit être mise en relation avec un philosophe ou un politicien, c'est avec Salvador Allende, démocratiquement élu, qui a choisi un troisième chemin, celui entre le communisme et le capitalisme. "Je n'ai pas envie de faux compromis, comme le font les partis du centre rouge-vert", explique-t-elle. Aragón se fait l'interprète de son parti qui exige notamment : le droit - sans restriction - de manifester, aucun démantèlement social ou le droit de vote et d'élection pour les personnes établies en Suisse. "Une autre Berne est possible" dit Carolina Aragón. Pascal Schwendener |
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